
Cet été, même si les marchés énergétiques canadiens devraient être bien approvisionnés, nous pourrions avoir à débourser davantage pour avoir accès aux ressources dans certains cas. Les Canadiens peuvent s'attendre à des coûts de carburants de transport plus importants cet été comparativement à l'été dernier, tandis que les coûts de climatisation et de chauffage pourraient être plus ou moins élevés, selon les provinces.
Jusqu'à maintenant en 2011, les événements géopolitiques et les catastrophes naturelles ont eu des incidences remarquables sur les marchés énergétiques internationaux. Les prix mondiaux du pétrole ont grimpé en raison des interruptions d'approvisionnement découlant des événements politiques qui ont cours au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. De plus, les événements tragiques qui se sont produits au Japon ont eu des effets sur les produits à livrer, car une plus grande quantité de produits énergétiques est acheminée au Japon en ce moment.
La croissance économique dicte la demande en énergie. Au Canada et aux États-Unis, la croissance économique de l'après-récession s'est améliorée, mais il n'en reste pas moins que les marchés émergents de la Chine, de l'Inde et d'ailleurs continuent d'afficher une croissance plus importante. Par exemple, la Banque du Canada s'attend à ce que l'économie du Canada enregistre une croissance d'un peu moins de 3 % en 2011 (en fonction de la croissance du PIB réel), tandis que l'économie de la Chine devrait s'accroître de plus de 9 %.
Les phénomènes météorologiques peuvent avoir d'importants effets sur la demande en énergie en ce sens qu'ils font augmenter le recours au chauffage ou à la climatisation. Les perspectives actuelles énoncées par Environnement Canada et la U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration prévoient des températures plus élevées que la moyenne dans la plupart des régions du Canada et dans certaines régions des États-Unis au cours des mois qui viennent. L'été dernier, les vagues de chaleur qui ont été enregistrées dans l'est de l'Amérique du Nord se sont traduites par des prix du gaz naturel et de l'électricité légèrement plus élevés dans cette région. Les conditions météorologiques s'annonçant plus normales cet été, les prix de gros de l'électricité et du gaz naturel pourraient être moins élevés au sein de certains marchés.
Les Canadiens peuvent s'attendre à ce que le prix moyen du pétrole se situe entre 100 $US et 120 $US le baril au cours de l'été. Les prix du pétrole brut connaissent une augmentation depuis le début de 2009, augmentation qui est prononcée depuis le mois de février de cette année. Cette situation est principalement attribuable aux inquiétudes découlant de divers événements géopolitiques quant à l'approvisionnement au Moyen-Orient et dans d'autres régions productrices de pétrole.
Prix du pétrole brut (West Texas Intermediate)
Bien que l'opinion générale porte à croire que la reprise économique générale continuera sur sa lancée, les prix à la hausse du pétrole risquent de freiner cette reprise. Il existe d'autres incertitudes importantes, dont les incidences des catastrophes naturelles et de la crise nucléaire du Japon sur l'économie, de même que les problèmes financiers qui sévissent en Europe.
La forte croissance économique des économies émergentes devrait continuer de propulser la demande mondiale en pétrole. Ainsi, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a augmenté la production afin de compenser pour les exportations interrompues par la Libye. Cela a toutefois eu pour effet de réduire la capacité de production de réserve au sein d'un marché sensible à la sécurité de l'approvisionnement.
Au cours de l'été, les consommateurs de gaz naturel du Canada continueront de bénéficier de prix à la baisse. Nous nous attendons à ce que le gaz naturel se situe entre 4 $US et 5 $ le MBTU au cours des six prochains mois. Certains facteurs pourraient faire grimper ces prix à l'été, notamment du temps chaud ou sec pendant de longues périodes, une forte reprise économique et des perturbations de l'approvisionnement. Par ailleurs, des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) plus grandes que prévu en Amérique du Nord, du temps doux à l'été ou une production plus grande qu'escomptée pourraient avoir pour effet de conserver les prix du gaz naturel à la baisse au Canada.
Prix du gaz naturel
Nous nous attendons à ce que la production nord-américaine soit stable au cours des six prochains mois, pour s'établir à environ 72 milliards de pieds cubes par jour (Gpi3/j). La demande devrait s'accroître légèrement en raison de la consommation industrielle et de l'utilisation pour la production d'électricité, tandis que la consommation résidentielle devrait être environ la même que celle qui a été enregistrée l'année dernière.
Aux États-Unis, les forages horizontaux continuent de prendre de l'ampleur, car les producteurs ciblent et mettent en valeur les zones de gaz de schiste. En ce moment, les deux tiers de tous les forages de puits de gaz sont horizontaux. L'augmentation de la production à partir du gaz de schiste aux États-Unis compense la diminution de forages classiques et la demande plus faible d'importations de GNL. De plus, les importations de GNL devraient diminuer à l'été en raison des prix du gaz naturel sur les marchés internationaux qui sont plus élevés que les prix enregistrés en Amérique du Nord. De plus grandes livraisons de GNL sont acheminées au Japon afin de favoriser la production d'électricité, car certaines centrales nucléaires de ce pays sont en panne.
En Amérique du Nord, la consommation industrielle de gaz devrait augmenter de 3 % par comparaison à l'été dernier en raison des meilleures conditions économiques dont témoignent les secteurs de l'acier et des produits chimiques. Par ailleurs, le secteur de la production d'électricité devrait utiliser une plus grande quantité de gaz naturel, ce qui se traduirait par une augmentation de l'ordre de 2 % cet été, puisque le gaz naturel continue de remplacer le charbon. La production de gaz remplace la production de charbon, car le prix du gaz est faible comparativement à celui du charbon, ce qui rend le gaz plus rentable. Cependant, les régions de l'ouest qui produisent de l'hydroélectricité ne dépendront pas autant du gaz naturel cet été. Les niveaux d'eau de ces régions sont au-dessus de la normale en raison des fortes précipitations qui ont été enregistrées et des eaux de ruissellement de l'hiver, ce qui devrait engendrer une plus grande capacité de production hydroélectrique. Par conséquent, ces régions dépendront moins du gaz naturel pour produire leur électricité.
Comme la production de gaz naturel est légèrement plus élevée que celle de l'année dernière, des stocks plus élevés que prévu devraient être enregistrés au cours des mois d'été. Ainsi, les niveaux de stockage devraient s'établir au-dessus de la moyenne sur cinq ans, mais légèrement en-dessous de ceux de l'année dernière. D'ici la fin du mois d'octobre 2011, environ 122 milliards de mètres cubes (4400 milliards de pieds cubes) de gaz naturel devraient être stockés en Amérique du Nord.
Stocks de gaz en Amérique du Nord
Le Canada envisage des ressources renouvelables pour produire de l'électricité en raison de la fluctuation des prix des combustibles fossiles et des inquiétudes croissantes entourant le changement climatique. Cette année, les ressources éoliennes connaissent une augmentation plus rapide que n'importe quel autre type de production au Canada. Ainsi, la production des ressources éoliennes devrait s'enrichir de plus de 1000 MW cette année, ce qui portera la capacité nationale de production d'énergie éolienne à près de 5000 MW d'ici la fin de 2011.
Cet été, les tarifs que les Canadiens devront payer pour se procurer de l'électricité varieront d'une province à l'autre et ce, en fonction des coûts des services publics des diverses régions. Dans la plupart des provinces, le coût des services publics locaux fait l'objet d'une réglementation et est récupéré sur de longues périodes. Il y a cependant des exceptions à ces réglementations à long terme, notamment les redressements du coût des combustibles qui changent régulièrement dans certaines régions, de même que les services publics de l'Alberta et de l'Ontario qui achètent leur électricité en gros. Plusieurs administrations sont en train de planifier l'augmentation de leurs tarifs d'électricité. Plus tôt cette année, les tarifs ont augmenté de 6 % en Nouvelle-Écosse. Le 1er mai 2011, les tarifs de BC Hydro ont grimpé de 8 %, tandis que les tarifs au compteur horaire et les tarifs progressifs de l'Ontario ont connu une hausse de 4 % et de 6 % respectivement. Ces hausses réglementées sont attribuables au coût plus élevé de la nouvelle production d'électricité par opposition à la production existante.
Sur les deux marchés de l'électricité en gros du Canada, soit l'Alberta et l'Ontario, les perspectives sont différentes. Moyennant des conditions climatiques normales, le marché de l'électricité de l'Ontario enregistrera vraisemblablement des prix moins élevés que ceux connus pendant l'été dernier, lorsque la chaleur était intense.
Marchés de l'électricité en gros
Ce printemps, l'Ontario a commandé près de 180 MW de capacité éolienne. Par contre, elle retirera du marché deux autres centrales au charbon à Nanticoke dans le courant de 2011. La mise à niveau du transport est en cours de réalisation afin de compenser pour cette perte de 980 MW qui fournit le voltage nécessaire au sud-ouest de la province. En Alberta, les prix seront vraisemblablement plus élevés que ceux de l'été dernier. Jusqu'à maintenant en 2011, la demande d'électricité dans cette province est de 5 % plus élevée qu'à cette même période l'année dernière, et l'approvisionnement de base a diminué lorsque deux centrales au charbon situées à Sundance et à Wabuman ont dû être fermées en 2010. Cela dit, l'Alberta s'attend à ce que sa deuxième usine supercritique au charbon commence à produire de l'électricité plus tard en 2011. Cette usine, qui porte le nom de Keephills 3, permettra d'ajouter 450 MW de charbon de base, ce qui permettra de combler plus de la moitié de la perte ayant découlé de la fermeture des centrales l'année dernière.